Lucio Fontana, né le 19 février 1899 à Rosario, province de Santa Fe, Argentine et mort le 7 septembre 1968 à Comabbio, près de Varèse en Italie, est un sculpteur et peintre italien d’origine argentine, fondateur du mouvement spatialiste associé à l’art informel.

En 1946 il élabore, en compagnie de quelques jeunes artistes et intellectuels, le « Manifesto blanco » (le Manifeste blanc), qui sera considéré comme le premier manifeste du Mouvement spatialiste et qui influencera de nombreux artistes abstraits. Y sont d’ores et déjà énoncées les règles d’un art à naître, articulées autour des concepts de temps et d’espace. Il s’agit, annonce-t-il, de tourner le dos à « l’usage des formes connues de l’art » pour privilégier, au contraire, « le développement d’un art fondé sur l’unité du temps et de l’espace ».

Dès 1949, Lucio Fontana commence à peindre des surfaces monochromes et à les « maltraiter » en faisant des trous ou des incisions dans la toile. Pour Fontana, « la toile n’est pas ou plus un support mais une illusion ».

La surface d’une toile ne doit plus seulement exister pour le regard de l’observateur qui s’abîme en elle, mais, au contraire, s’ouvrir largement aux hasards de son environnement non pictural. Il attribuera le titre de concept spatial à ce type d’œuvres également décliné en sculptures (Concetto spaziale Teatrino).

En 1950, il fonde le spatialisme proprement dit, mouvement auquel participe plusieurs autres peintres tels que Mario Deluigi et Roberto Crippa.  Les peintres spatialistes ne s’attachent plus tant à la couleur et à la peinture de la toile qu’à créer sur celle-ci une construction picturale de nature tridimensionnelle, motivée par une capture du mouvement dans l’espace-temps, à travers la prise de conscience des forces naturelles cachées, issues des particules élémentaires et de la lumière, qui agissent de manière incontrôlée sur la superficie de la toile.

La première grande exposition collective, sous l’intitulé programmatique d’Arte spaziale, viendra illustrer les propositions de ces manifestes. Outre celles de Fontana, elle rassemble des œuvres de Giancarlo Carozzi, Roberto Crippa, Mario Deluigi, Gianni Dova, Beniamino Joppolo et Cesare Peverelli.

Les spatialistes, qui intégrèrent ensuite à leurs compositions des clous et divers autres objets afin de démontrer ce principe, peuvent ainsi être rapprochés du courant matiériste européen caractérisé par le traitement atypique du support pictural et intituleront d’ailleurs leur troisième exposition L’informel.

De retour à Milan après un séjour new-yorkais au début des années 1960, Lucio Fontana s’installe finalement à Comabbio, commune de Lombardie, située dans la province de Varèse et berceau de sa famille, où il meurt le 7 septembre 1968.