Le plurivalent artiste hongrois, Etienne Béothy, dégrossit de ses sculptures, peintures et photographies le XXème siècle des guerres, de l’internement et de la création exilée. Né dans une famille hongroise, il échappa heureusement aux folies de la première guerre mondiale et mit à profit ce temps suspendu pour développer dans sa série d’or une théorie pratique de la sculpture fondée sur le nombre d’or qui trouve son application immédiate dans le groupe du Surhomme, puis des Rythmes plastiques. Sa victoire au concours des Beaux-Arts de Budapest en 1924 lui permit de franchir rapidement les frontières de son pays et de jouir des merveilles de Vienne, Munich, Nuremberg et Strasbourg, de Gênes, florence, Rome, Londres, Venise et Paris où il finit par s’installer durablement en 1925. Le champ des transferts esthétiques opérés par Etienne Béothy s’évalue à travers l’analyse des nombreux réseaux tissés et son adhésion aux groupes de « l’abstraction concrète » qui l’installa au cœur des débats de l’art non-figuratif. Ils rejoignit à titre d’exemple Seuphor et Torres-Garcia à Cercle et Carré, fonda avec Herbin, Arp, Gleizes et les artistes abstraits le groupe Abstraction/création. Après 1945, Herbin, Sonia Delaunay, Mondrian, Vantongerloo et les représentants de l’art concret créèrent sous son égide le Salon des Réalités Nouvelles.